Sahaza Marline R.

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Le “Ghibli Effect” : une vague d’émerveillement... et de malaise
Opinions

Le “Ghibli Effect” : une vague d’émerveillement... et de malaise

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En mars 2025, OpenAI a ajouté une fonction à ChatGPT (version GPT-4o) permettant de générer des images dans un style qui rappelle fortement l’univers du Studio Ghibli. En quelques jours, le web a explosé. Des portraits “Ghibli-fied” ont envahi Facebook, Instagram et les groupes WhatsApp de tatas. Même Sam Altman s’est prêté au jeu. L’effet ? Instantanément viral. Et logiquement, controversé.

Pour les uns, c’était magique. Pour les autres, c’était une trahison. Entre les mèmes de chefs d’État façon Totoro et les selfies relookés en scènes de Le Voyage de Chihiro, difficile de ne pas s’émerveiller. Mais aussi difficile de ne pas s’interroger.

Mais où est l’âme dans tout ça ?

Le Studio Ghibli, fidèle à son habitude, n’a pas réagi officiellement. Ni Miyazaki ni son équipe n’ont publié de position. Pourtant, ceux qui connaissent bien l’homme se souviennent de cette scène devenue culte où il rejette une animation IA en la qualifiant de “profondément inhumaine”. Cette vidéo de 2016 est revenue en boucle dans les débats. Elle cristallise une tension toujours d’actualité entre création assistée par machine… et art incarné.

Mon opinion

À mes yeux, cette IA n’est ni un miracle, ni un démon. C’est un outil. Une évolution du crayon. Ni plus, ni moins. On a déjà vécu ça avec la photographie, puis avec Photoshop, puis avec les filtres. Ce n’est pas la fin de l’art – sauf si on renonce à l’intention, à l’effort, au message. L’IA peut élargir le champ de la créativité, mais elle ne remplace pas l’expérience humaine derrière chaque trait, chaque choix de couleur, chaque silence entre deux idées.

Ce que je défends, c’est l’usage éthique et orienté vers le bien commun. Si demain on utilise ces outils pour inspirer, pour éduquer, pour révéler des talents cachés… alors on avance. Mais si on les détourne pour copier sans réfléchir, inonder sans but, ou dévaloriser le travail de ceux qui créent depuis toujours, alors on régresse.

Un débat sain, mais à ne pas bâcler

Le débat juridique autour du style de Ghibli ne fait que commencer. Le droit d’auteur, le fair use, le text and data mining : tout ça est en zone grise. Ce flou devrait nous pousser à faire preuve de prudence et de responsabilité. Pas à tout bloquer. Pas à tout permettre non plus.

Personnellement, je crois que cette vague virale est une occasion : une occasion de parler d’art, de respect, d’intention. Et surtout, de se poser une question simple : qu’est-ce qu’on veut faire de ces outils, collectivement ?

Zosahaza Marline R.

À propos de l'auteur

Référent expert en numérique, mentor engagé et explorateur d’idées utiles. J’écris pour celles et ceux qui veulent comprendre, créer, et transformer.

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